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Urgence

Article L631-4 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce
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L'essentiel en quelques secondes
Partie législative

L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des paiements s'il n'a pas, dans ce délai, demandé l'ouverture d'une procédure de conciliation.

Un article d'une phrase, mais trois informations décisives : qui doit agir (le débiteur seul), sous quel délai (quarante-cinq jours), et la seule échappatoire (la conciliation).

Art. R631-4

Si vous ne bougez pas, le ministère public peut demander l'ouverture par requête : le président fait alors convoquer le débiteur par lettre recommandée, la requête jointe. La procédure s'ouvre alors sans vous.

Sanction du retard : l'omission délibérée de déclarer dans les quarante-cinq jours, sans avoir demandé de conciliation, permet au tribunal de prononcer une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler (Art. L653-8 Article L653-8 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Dans les cas prévus aux articles L. 653-3 à L. 653-6, le tribunal peut prononcer, à la place de la faillite personnelle, l'interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit tout... En vigueur depuis le 08/08/2015 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ).

La faute sanctionnée est le silence prolongé, pas l'échec de l'entreprise.

Pas de texte réglementaire propre à cet alinéa.

Lire le texte officiel brut, sans annotation
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Comment gérer cet article

La règle de conduite tient en trois gestes. Dater : tenir un état mensuel du passif exigible et de l'actif disponible, et écrire chaque délai obtenu d'un créancier, puisqu'un délai formalisé fait sortir la dette du passif exigible. Choisir tôt : tant que la ligne n'est pas franchie, le mandat ad hoc et la conciliation restent confidentiels et la sauvegarde reste ouverte (Art. L620-1 Article L620-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Il est institué une procédure de sauvegarde ouverte sur demande d'un débiteur mentionné à l'article L. 620-2 qui, sans être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu'il n'est pas en mesure de surmonter. Cett... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) ; une fois franchie, le choix se réduit et le calendrier n'appartient plus au dirigeant. Déclarer prudemment : en cas de doute sur la date, retenir la plus ancienne défendable et documenter le raisonnement. Une déclaration prudente assortie d'un état de trésorerie daté vaut infiniment mieux qu'une déclaration optimiste que le tribunal recalera, et le surcoût de la prudence est nul.

Forces pour le dirigeant
  • Le délai est court et clair, ce qui protège les créanciers d'un enlisement et le dirigeant d'une aggravation qu'il subirait sans s'en rendre compte.
  • La soupape de la conciliation est intelligente : elle récompense l'anticipation au lieu de la punir, en laissant du temps à qui cherche une solution amiable.
  • L'obligation pèse sur le débiteur, ce qui lui laisse l'initiative et le choix du moment avant qu'un créancier ne l'assigne.
  • Le dépassement n'interdit pas de déclarer : le retard s'aggrave chaque jour, mais la porte reste ouverte.
Faiblesses et pièges

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

L'histoire et l'esprit du texte

L'obligation de déclarer dans un délai bref est une constante du droit de la faillite, héritée de la logique du dessaisissement : celui qui n'est plus solvable ne peut plus disposer librement du gage commun. Le délai de quarante-cinq jours, issu de la loi du 26 juillet 2005 qui l'a porté de quinze jours à sa durée actuelle, traduit un arbitrage assumé entre la protection des créanciers et le temps nécessaire à une solution négociée. L'ordonnance du 18 décembre 2008 a parachevé l'équilibre en instituant la soupape de la conciliation : le débiteur qui cherche un accord amiable dans le délai n'est plus tenu de déclarer tant que la procédure suit son cours. Cette articulation exprime le choix de politique juridique le plus caractéristique du droit français contemporain, qui est de rendre l'anticipation plus avantageuse que l'attente plutôt que de sanctionner plus durement le retard.

Stratégie, position par position

Tribunal

Il n'applique pas Art. L631-4 Article L631-4 En vigueur Code de commerce · Du redressement judiciaire L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des paiements s'il n'a pas, dans ce délai, demandé l'ouverture... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → pour lui-même : le texte ne porte aucune sanction. Il en tire les conséquences par Art. L653-8 Article L653-8 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Dans les cas prévus aux articles L. 653-3 à L. 653-6, le tribunal peut prononcer, à la place de la faillite personnelle, l'interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit tout... En vigueur depuis le 08/08/2015 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , qui vise l'omission sciemment commise, et par Art. L651-2 Article L651-2 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Lorsque la liquidation judiciaire d'une personne morale fait apparaître une insuffisance d'actif, le tribunal peut, en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance d'actif, décider que le montant de cette... En vigueur depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → au titre de la faute de gestion. L'élément intentionnel du premier écarte l'erreur de qualification de bonne foi, ce qui laisse au juge une appréciation réelle sur ce que le dirigeant savait.

Organes de la procédure

Le retard est l'élément le plus fréquemment invoqué au soutien d'une demande d'insuffisance d'actif, parce qu'il est aisé à établir et directement corrélé à l'aggravation du passif. La démonstration solide n'est pas le passif global mais l'écart entre le passif à la date où la déclaration aurait dû intervenir et celui constaté à la déclaration effective.

Cas de figure

La conciliation qui sauve le délai

Cessation des paiements caractérisée un 10 mars. Le dirigeant demande l'ouverture d'une conciliation le 20 avril, soit dans les quarante-cinq jours. L'obligation de demander un redressement est écartée dès lors que la conciliation a été demandée dans le délai (Art. L631-4 Article L631-4 En vigueur Code de commerce · Du redressement judiciaire L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des paiements s'il n'a pas, dans ce délai, demandé l'ouverture... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), et la négociation se déroule confidentiellement. L'échec éventuel fera courir à nouveau l'obligation, sans effacer la période couverte.

Erreurs à ne pas commettre
Droit transitoire : la question de la date

Le délai s'apprécie par patrimoine engagé pour l'entrepreneur individuel à patrimoine séparé, en cohérence avec la définition de la cessation des paiements. Le point de départ étant une date fixée par le tribunal (Art. L631-8 Article L631-8 En vigueur Code de commerce · Du redressement judiciaire Le tribunal fixe la date de cessation des paiements après avoir sollicité les observations du débiteur. A défaut de détermination de cette date, la cessation des paiements est réputée être intervenue à la date du jugemen... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), le caractère tardif d'une déclaration reste discutable jusqu'à l'expiration du délai d'un an ouvert pour demander la modification de cette date : au-delà, elle est acquise et le retard aussi. Enfin, la demande de conciliation produit son effet suspensif dès sa formation, non à compter de la décision d'ouverture, ce qui laisse au dirigeant une marge lorsqu'il agit au dernier moment.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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