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Urgence

Article R621-1 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 01/11/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce
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L'essentiel en quelques secondes
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Art. L621-1 Application directe

Le tribunal statue sur l'ouverture de la procédure, après avoir entendu ou dûment appelé en chambre du conseil le débiteur et la ou les personnes désignées par le comité social et économique. En outre, lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, le tribunal statue après avoir entendu ou dûment appelé, dans les mêmes conditions, l'ordre professionnel ou l'autorité compétente dont, le cas échéant, il relève. Lorsque la situation du débiteur ne fait pas apparaître de difficultés qu'il ne serait pas en mesure de surmonter, le tribunal invite celui-ci à demander l'ouverture d'une procédure de conciliation au président du tribunal. Il statue ensuite sur la seule demande de sauvegarde. Le tribunal peut, avant de statuer, commettre un juge pour recueillir tous renseignements sur la situation financière, économique et sociale de l'entreprise. Ce juge peut faire application des dispositions prévues à l'article L. 623-2. Il peut se faire assister de tout expert de son choix. L'ouverture d'une procédure de sauvegarde à l'égard d'un débiteur qui bénéficie ou a bénéficié d'un mandat ad hoc ou d'une procédure de conciliation dans les dix-huit mois qui précèdent doit être examinée en présence du ministère public, à moins qu'il ne s'agisse de patrimoines distincts d'un entrepreneur individuel à responsabilité limitée. Dans ce cas, le tribunal peut, d'office ou à la demande du ministère public, obtenir communication des pièces et actes relatifs au mandat ad hoc ou à la conciliation, nonobstant les dispositions de l'article L. 611-15.

Ouvrir la fiche complète de l'article →

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

La demande d'ouverture de la procédure de sauvegarde est déposée par le représentant légal de la personne morale ou par le débiteur personne physique au greffe du tribunal compétent. Elle expose la nature des difficultés qu'il rencontre et les raisons pour lesquelles il n'est pas en mesure de les surmonter. Elle précise s'il s'engage à établir l'inventaire dans les conditions prévues à l'article L. 622-6-1 ainsi que le délai nécessaire à l'établissement de celui-ci ou s'il demande la désignation par le tribunal d'une personne chargée de réaliser l'inventaire en application du sixième alinéa de l'article L. 621-4. A cette demande sont jointes, outre les comptes annuels du dernier exercice, les pièces ci-après : 1° Le numéro unique d'identification ; 2° Une situation de trésorerie ; 3° Un compte de résultat prévisionnel ; 4° Le nombre des salariés employés à la date de la demande, déterminé conformément aux dispositions de l'article R. 130-1 du code de la sécurité sociale, et le montant du chiffre d'affaires, défini conformément aux dispositions du sixième alinéa de l'article D. 123-200, apprécié à la date de clôture du dernier exercice comptable ; 5° L'état chiffré des créances et des dettes avec l'indication selon le cas, du nom ou de la dénomination et du domicile ou siège des créanciers ainsi que, par créancier ou débiteur, le montant total des sommes à payer et à recouvrer au cours d'une période de trente jours à compter de la demande lorsque la demande est formée par un entrepreneur individuel à responsabilité limitée pour l'activité à laquelle un patrimoine a été affecté, les dettes portées sur l'état chiffré sont celles qui sont affectées à ce patrimoine et celles qui sont nées à l'occasion de l'exercice de cette activité ; 6° L'état actif et passif des sûretés ainsi que celui des engagements hors bilan ; 7° L'inventaire sommaire des biens du débiteur ou, si un patrimoine a été affecté à l'activité en difficulté, des biens affectés à l'exercice de cette activité ; 8° Le nom et l'adresse des représentants de la délégation du personnel du comité social et économique habilités à être entendus par le tribunal s'ils ont déjà été désignés ; 9° Une attestation sur l'honneur certifiant l'absence de mandat ad hoc ou de procédure de conciliation dans les dix-huit mois précédant la date de la demande ou, dans le cas contraire, mentionnant la date de la désignation du mandataire ad hoc ou de l'ouverture de la procédure de conciliation ainsi que l'autorité qui y a procédé lorsque la demande est faite par un entrepreneur à responsabilité limitée, ces informations ne concernent que l'activité en difficulté ; 10° Lorsque le débiteur exerce une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé, la désignation de l'ordre professionnel ou de l'autorité dont il relève ; 11° Lorsque le débiteur exploite une ou des installations classées au sens du titre Ier du livre V du code de l'environnement, la copie de la décision d'autorisation ou d'enregistrement ou la déclaration ; 12° Lorsque le débiteur propose un administrateur à la désignation du tribunal, l'indication de l'identité et de l'adresse de la personne concernée. Ces documents doivent être datés, signés et certifiés sincères et véritables par le débiteur. Ceux qui sont mentionnés aux 2° à 7°, à l'exception du 4°, sont établis à la date de la demande ou dans les sept jours qui précèdent. Dans le cas où l'un ou l'autre de ces documents ne peut être fourni ou ne peut l'être qu'incomplètement, la demande indique les motifs qui empêchent cette production.

Identifiant : LEGIARTI000043531883

Ce que dit ce texte

Voici, pièce par pièce, ce que « demander sa sauvegarde » veut dire concrètement : le dossier que le dirigeant dépose au greffe, et dont la composition raconte à elle seule la philosophie de la procédure. L'exposé des difficultés d'abord, car la sauvegarde s'obtient sur un récit argumenté : des difficultés insurmontables sans procédure (Art. L620-1 Article L620-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Il est institué une procédure de sauvegarde ouverte sur demande d'un débiteur mentionné à l'article L. 620-2 qui, sans être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu'il n'est pas en mesure de surmonter. Cett... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), qu'il faut décrire et démontrer, à la différence du redressement où un état comptable suffit à établir la cessation des paiements. La demande de sauvegarde est une dissertation autant qu'un formulaire, et le tribunal jugera d'abord ce récit. Les douze rubriques ensuite, qui sont le bilan de santé complet : la trésorerie et le prévisionnel (où va-t-on ?), l'état des créances et dettes à trente jours (le radar court terme qui montre l'imminence ou non de la cessation des paiements), les sûretés et le hors-bilan (les bombes enfouies), l'inventaire sommaire, les salariés. Deux rubriques méritent le détour : l'attestation sur les dix-huit mois de mandats amiables, car le tribunal veut savoir si la sauvegarde arrive après une conciliation échouée, information qui change sa lecture ; et la proposition d'administrateur, faculté méconnue du débiteur, qui peut suggérer un nom au tribunal. La fraîcheur de sept jours et la certification sincère ferment le dispositif : la photographie doit être récente, et signée. Le dossier embelli engage son signataire, la sincérité certifiée se retournant contre lui si la procédure révèle l'écart. Cette fiche est, en pratique, la liste de courses du dirigeant qui envisage la sauvegarde : tout ce qui précède la décision se prépare ici.

Comment gérer cet article

Préparer le dossier avant de décider : réunir les douze rubriques prend des semaines quand la comptabilité n'est pas à jour ; le dirigeant qui hésite gagne à constituer le dossier pendant qu'il hésite, la moitié des pièces servant de toute façon au diagnostic. Soigner l'exposé des difficultés comme une plaidoirie écrite : nature, causes, raisons de l'impossibilité de surmonter seul ; c'est sur ce texte que le tribunal forme sa conviction, et le bilan économique et social de Art. L623-1 Article L623-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde L'administrateur, avec le concours du débiteur et l'assistance éventuelle d'un ou plusieurs experts, est chargé de dresser dans un rapport le bilan économique et social de l'entreprise. Le bilan économique et social pré... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → le prolongera. Utiliser la soupape des pièces manquantes : la comptabilité en retard n'interdit pas la demande, elle s'explique par écrit ; mieux vaut une demande motivée avec deux pièces excusées qu'un report de trois mois qui mène à la cessation des paiements. Penser à proposer un administrateur quand le dossier en justifie un : le professionnel qui connaît déjà le secteur ou le dossier (issu d'un mandat ad hoc) est un atout que la rubrique 12° permet d'avancer.

Forces pour le dirigeant
  • La liste exhaustive transforme une démarche angoissante en check-list exécutable.
  • L'état à trente jours donne au tribunal le radar court terme qui distingue sauvegarde et redressement.
  • La soupape des pièces manquantes motivées évite que la paperasse ne bloque la protection.
  • La certification sincère responsabilise sans paralyser.
Faiblesses et pièges
  • Douze rubriques restent dissuasives pour le petit dirigeant sans expert-comptable réactif.
  • L'exposé des difficultés, exercice littéraire, avantage les dossiers bien conseillés.
  • Les renvois techniques (R. 130-1, D. 123-200) rendent deux rubriques incalculables sans aide.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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