Article L641-2 du Code de commerce
- La liquidation judiciaire simplifiée s'applique si l'actif ne comprend pas de bien immobilier et si l'effectif des six derniers mois et le chiffre d'affaires sont sous des seuils fixés par décret.
- Pour un débiteur personne physique, seule l'absence d'immeuble est requise : ni seuil d'effectif, ni seuil de chiffre d'affaires.
- La résidence principale insaisissable (Art. L526-1 Article L526-1 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises Par dérogation aux articles 2284 et 2285 du code civil, les droits d'une personne physique immatriculée au registre national des entreprises sur l'immeuble où est fixée sa résidence principale sont de droit insaisissable... En vigueur depuis le 01/01/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) ne fait pas obstacle à la simplification : protégée, elle ne compte pas comme un immeuble de l'actif.
- Si le tribunal peut vérifier les conditions dès l'ouverture, il statue dans le jugement de liquidation ; sinon, le président statue au vu d'un rapport du liquidateur établi dans le mois.
- Le tribunal peut confier au liquidateur la mission de réaliser l'inventaire.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.
Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.
Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.
Partie législative
La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)
Il est fait application de la procédure simplifiée prévue au chapitre IV du présent titre si l'actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier et si le nombre de ses salariés au cours des six mois précédant l'ouverture de la procédure ainsi que son chiffre d'affaires hors taxes sont égaux ou inférieurs à des seuils fixés par décret. Lorsque le débiteur est une personne physique, seule la première condition est requise. Toutefois, les droits mentionnés au premier alinéa de l'article L. 526-1 ne peuvent faire obstacle à l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Si le tribunal dispose des éléments lui permettant de vérifier que les conditions mentionnées au premier alinéa sont réunies, il statue sur cette application dans le jugement de liquidation judiciaire et peut confier au liquidateur la mission de réaliser, s'il y a lieu, l'inventaire dans cette procédure. Dans le cas contraire, le président du tribunal statue au vu d'un rapport sur la situation du débiteur établi par le liquidateur dans le mois de sa désignation.
Identifiant : LEGIARTI000045178165
Partie réglementaire
L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)
Art. R641-2 Application directe
Le cas échéant, le greffier avertit les créanciers poursuivants qu'ils peuvent prendre connaissance au greffe du rapport mentionné au second alinéa de l'article R. 621-3 et les avise en même temps de la date de l'audience.
Ouvrir la fiche complète de l'article →Art. D641-10
Les seuils prévus par l'article L. 641-2, pour l'application obligatoire de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée, sont fixés pour le chiffre d'affaires hors taxes à 750 000 € et pour le nombre de salariés à 5. Les seuils prévus par l'article L. 644-5 sont fixés pour le chiffre d'affaires hors taxes à 300 000 € et pour le nombre de salariés à 1. Le montant du chiffre d'affaires est défini conformément aux dispositions du sixième alinéa de l'article D. 123-200. Il est apprécié à la date de clôture du dernier exercice comptable. Le nombre de salariés mentionné au premier ou au deuxième alinéa ne doit pas avoir été dépassé au cours des six mois précédant l'ouverture de la procédure. Il est déterminé conformément aux dispositions l'article R. 130-1 du code de la sécurité sociale.
Ouvrir la fiche complète de l'article →La liquidation ordinaire est un habit taillé pour des dossiers qui ont des actifs à vendre, des créanciers à départager, des contentieux à purger. La plupart des liquidations de petites entreprises n'ont rien de tout cela : pas d'immeuble, peu de créanciers, presque pas d'actif. Ce texte leur ouvre l'habit à leur taille : la voie simplifiée du chapitre IV, vérification allégée des créances (Art. L644-3 Article L644-3 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Par dérogation aux dispositions de l'article L. 641-4, il est procédé à la vérification des seules créances susceptibles de venir en rang utile dans les répartitions et des créances résultant d'un contrat de travail. En vigueur depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), répartition rapide (Art. L644-4 Article L644-4 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire A l'issue de la procédure de vérification et d'admission des créances telle que prévue à l'article L. 644-3 et de la réalisation des biens, le liquidateur fait figurer ses propositions de répartition sur l'état des créan... En vigueur depuis le 25/10/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), clôture à brève échéance. Les conditions dessinent le portrait-robot du petit dossier. Pas de bien immobilier, un effectif et un chiffre d'affaires sous les seuils réglementaires. L'immobilier est le critère décisif : c'est lui qui impose les ventes longues, les purges d'hypothèques, les ordres entre créanciers inscrits. Sans immeuble, une liquidation peut aller vite. Pour la personne physique, une seule condition : pas d'immeuble. Ni seuil d'effectif, ni seuil de chiffre d'affaires. L'entrepreneur individuel, l'artisan, le commerçant : la simplification leur est acquise dès lors que l'actif ne comporte pas d'immobilier. Et la précision qui touche, parce qu'elle corrige une injustice logique : les droits sur la résidence principale insaisissable (Art. L526-1 Article L526-1 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises Par dérogation aux articles 2284 et 2285 du code civil, les droits d'une personne physique immatriculée au registre national des entreprises sur l'immeuble où est fixée sa résidence principale sont de droit insaisissable... En vigueur depuis le 01/01/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) ne font pas obstacle à la liquidation simplifiée. Sans cette phrase, l'entrepreneur propriétaire de son logement aurait été exclu de la voie rapide à cause d'un bien que la procédure ne peut de toute façon pas toucher : sa protection lui aurait coûté la simplification. Le texte referme ce piège : la maison protégée ne compte pas, et l'entrepreneur qui a tout perdu sauf son toit accède à la liquidation la plus courte. La mécanique d'aiguillage est à double détente. Si le dossier d'ouverture permet déjà de vérifier les conditions, le tribunal prononce la simplification dans le jugement de liquidation lui-même. Sinon, le liquidateur établit un rapport dans le mois de sa désignation, et le président statue au vu de ce rapport. Personne ne reste dans une procédure ordinaire faute d'avoir produit deux chiffres au bon moment. Pour le dirigeant, l'enjeu est le temps : une liquidation simplifiée se clôture en des mois là où une ordinaire se compte en années. Et la clôture est la porte du rebond, chaque fiche de ce site le répète.
Fournir dès l'ouverture les éléments qui prouvent les conditions. Attestation d'absence d'immeuble, effectif des six derniers mois, chiffre d'affaires : trois pièces au dossier, et la simplification est prononcée dans le jugement au lieu d'attendre un mois de rapport. Pour l'entrepreneur propriétaire de son logement : ne pas se croire exclu. La résidence principale insaisissable ne compte pas. C'est écrit, et c'est une idée reçue à défaire : la protection de la maison et la voie rapide se cumulent. Vérifier les seuils en vigueur au jour de l'ouverture, fixés par décret, plutôt que de raisonner sur des chiffres mémorisés. Pour le dirigeant pressé de rebondir : la simplification est l'alliée, pas l'humiliation. Une procédure courte, c'est une radiation plus rapide, une clôture plus proche, et la possibilité de repartir. La demander expressément si le tribunal ne l'évoque pas. Se souvenir que la voie simplifiée reste une liquidation : déclaration des créances, réalisation des actifs mobiliers, répartition selon Art. L643-8 Article L643-8 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire I.-Sans préjudice du droit de propriété ou de rétention opposable à la procédure collective et des dispositions des articles L. 622-17 et L. 641-13, le montant de l'actif distribuable est réparti dans l'ordre suivant :... En vigueur depuis le 25/10/2023 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → . Simplifiée ne veut pas dire sans règles, mais sans longueurs.
- La voie rapide existe pour les petits dossiers, qui sont la majorité des liquidations.
- Personne physique : une seule condition, l'absence d'immeuble.
- La résidence principale protégée ne compte pas : la protection ne coûte pas la simplification.
- Le double aiguillage (jugement ou rapport sous un mois) évite les dossiers qui s'égarent en voie ordinaire.
- Une clôture rapide, c'est un rebond plus proche.
- Les seuils sont renvoyés au décret : invisibles à la lecture du texte.
- Un seul petit immeuble, même sans valeur nette, ferme la voie simplifiée.
- Le rapport du liquidateur ajoute un mois quand le dossier d'ouverture était incomplet.
- La rapidité de la voie simplifiée dépend en pratique de la charge des liquidateurs, que le texte ne règle pas.
Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le