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Urgence

Article L624-3 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce
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L'essentiel en quelques secondes
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Le recours contre les décisions du juge commissaire prises en application de la présente section est ouvert au créancier, au débiteur ou au mandataire judiciaire. Toutefois, le créancier dont la créance est discutée en tout ou en partie et qui n'a pas répondu au mandataire judiciaire dans le délai mentionné à l'article L. 622-27 ne peut pas exercer de recours contre la décision du juge-commissaire lorsque celle-ci confirme la proposition du mandataire judiciaire. Les conditions et les formes du recours prévu au premier alinéa sont fixées par décret en Conseil d'Etat.

Identifiant : LEGIARTI000006236924

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Art. R624-3 Application directe

Les décisions d'admission sans contestation sont matérialisées par l'apposition de la signature du juge-commissaire sur la liste des créances établie par le mandataire judiciaire. Le greffier avise par lettre simple les créanciers ou leur mandataire de cette admission. Ces avis précisent le montant pour lequel la créance est admise ainsi que les sûretés dont elle est assortie et reproduisent les dispositions des articles L. 622-27 et L. 624-3. Le mandataire judiciaire et l'administrateur, lorsqu'il en a été désigné, sont avisés contre récépissé des décisions rendues.

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Art. R624-2

La liste des créances contenant les indications prévues à l'article L. 622-25 et à l'article R. 622-23 ainsi que les propositions du mandataire judiciaire et les observations du débiteur, avec indication de leur date, est déposée au greffe pour être sans délai remise au juge-commissaire. Elle est communiquée à l'administrateur, s'il en a été désigné, et, le cas échéant, au commissaire à l'exécution du plan. Les créanciers dont la créance n'a pas été portée définitivement sur la liste des créances, dans le délai prévu par l'article L. 624-1, peuvent demander à être relevés de la forclusion prévue par le quatrième alinéa de l'article L. 622-24 selon les modalités prévues par l'article L. 622-26. Après le dépôt au greffe de cette liste, celle-ci est complétée par le greffier agissant à la demande du mandataire judiciaire ou du créancier intéressé, par l'inscription des créances définitivement fixées à l'issue d'une instance judiciaire ou administrative et de celles admises à la suite d'un relevé de forclusion intervenu après le dépôt de l'état des créances.

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Ce que dit ce texte

Le bloc de la vérification s'achève sur sa voie de recours, et sur la sanction la plus pédagogique du livre VI. Le triangle du recours d'abord. Créancier, débiteur, mandataire : les trois acteurs du dialogue de vérification (Art. L624-1 Article L624-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Dans le délai fixé par le tribunal, le mandataire judiciaire établit, après avoir sollicité les observations du débiteur, la liste des créances déclarées avec ses propositions d'admission, de rejet ou de renvoi devant la... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , Art. L624-2 Article L624-2 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Au vu des propositions du mandataire judiciaire, le juge-commissaire, si la demande d'admission est recevable, décide de l'admission ou du rejet des créances ou constate soit qu'une instance est en cours, soit que la con... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) peuvent déférer l'ordonnance du juge-commissaire. Le débiteur y est en son nom propre, et ce n'est pas un détail : même dessaisi, même en liquidation, la vérification décide de ce qu'on lui réclame, et il garde voix pour contester une admission qu'il juge infondée. La créance admise à tort pèsera sur le plan, sur les répartitions, sur le solde qu'on lui réclamera peut-être un jour : son intérêt à agir est permanent. La forclusion du silencieux ensuite, et elle mérite d'être expliquée à chaque créancier qui déclare. La vérification est un dialogue : quand le mandataire conteste une créance, il interpelle le créancier, qui a un délai pour répondre (Art. L622-27 Article L622-27 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde S'il y a discussion sur tout ou partie d'une créance autre que celles mentionnées à l'article L. 625-1, le mandataire judiciaire en avise le créancier intéressé en l'invitant à faire connaître ses explications. Le défaut... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). Celui qui se tait perd deux fois : la discussion d'abord, puisque sa position n'est pas défendue ; le recours ensuite, puisque ce texte le lui ferme lorsque le juge-commissaire confirme la proposition du mandataire. Le silence n'est pas une stratégie d'attente, c'est un acquiescement irrévocable. La limite de la forclusion est aussi précise que la sanction. Elle ne joue que si l'ordonnance confirme la proposition du mandataire. Si le juge-commissaire s'en écarte, admet ce que le mandataire rejetait, rejette ce qu'il admettait, ou retient un autre montant, le recours renaît : on ne peut pas reprocher au créancier de n'avoir pas discuté une solution que personne ne lui avait proposée. La forclusion sanctionne le refus de dialoguer, pas le fait d'avoir un jour reçu un courrier. Derrière la technique, une politique : la vérification traite des centaines de créances par procédure, et le contentieux doit se concentrer là où il y a eu un vrai désaccord, discuté, instruit, tranché. Le tri des recours de Art. L661-1 Article L661-1 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises I.-Sont susceptibles d'appel ou de pourvoi en cassation : 1° Les décisions statuant sur l'ouverture des procédures de sauvegarde ou de redressement judiciaire de la part du débiteur, du créancier poursuivant et du minis... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → pour les jugements trouve ici son équivalent pour les ordonnances : l'accès au juge se mérite par la diligence.

Comment gérer cet article

Pour le créancier : répondre à toute contestation, toujours, même sommairement. La réponse dans le délai de Art. L622-27 Article L622-27 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde S'il y a discussion sur tout ou partie d'une créance autre que celles mentionnées à l'article L. 625-1, le mandataire judiciaire en avise le créancier intéressé en l'invitant à faire connaître ses explications. Le défaut... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → est la clé qui garde le recours ouvert ; son absence transforme la proposition du mandataire en vérité définitive. Une lettre motivée de trois paragraphes suffit à préserver tous les droits. Organiser le suivi du courrier de la procédure : la contestation arrive par courrier recommandé au milieu de la vie ordinaire de l'entreprise créancière ; le service comptable qui la classe sans la traiter fabrique une forclusion. Toute lettre d'un mandataire judiciaire remonte au juridique, sans exception. Vérifier si l'ordonnance confirme ou s'écarte avant de renoncer : la forclusion ne joue qu'en cas de confirmation pure ; un écart, même partiel, rouvre le recours. La comparaison ligne à ligne entre proposition et ordonnance est le premier réflexe. Pour le débiteur : user de sa voix propre. Contester une créance admise n'est pas un combat perdu d'avance ; le débiteur connaît souvent, seul, la compensation oubliée ou le paiement déjà fait. Pour le mandataire : motiver ses propositions ; c'est la proposition motivée qui, confirmée, verrouille le contentieux. Une contestation vague invite le juge à s'en écarter, et l'écart rouvre les recours.

Forces pour le dirigeant
  • Le triangle complet : chacun des trois acteurs de la vérification a sa voie de recours.
  • La forclusion du silencieux concentre le contentieux sur les vrais désaccords, discutés et instruits.
  • La limite de la confirmation est d'une justice exacte : on ne forclot que celui qui a refusé un dialogue réellement offert.
  • Le débiteur, même dessaisi, garde voix : la vérification le concerne au premier chef.
Faiblesses et pièges
  • La forclusion frappe surtout les petits créanciers sans service juridique, ceux qui classent le recommandé sans le comprendre.
  • Le renvoi au décret pour les formes disperse le régime : le praticien lit deux textes pour un recours.
  • La notion de « confirmation » de la proposition peut se discuter en cas d'écart minime : source de contentieux sur le contentieux.
  • Rien sur le sort des co-titulaires d'une même créance : le silence de l'un peut compliquer le recours de l'autre.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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