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Urgence

Article L625-4 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce
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L'essentiel en quelques secondes
  • Quand l'AGS refuse de régler une créance figurant sur un relevé, « pour quelque cause que ce soit », elle notifie son refus au mandataire judiciaire, qui informe immédiatement le représentant des salariés et le salarié concerné.
  • Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes ; le mandataire, le débiteur et l'administrateur (s'il assiste) sont mis en cause.
  • Le salarié peut se faire assister ou représenter par le représentant des salariés devant les prud'hommes.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Lorsque les institutions mentionnées à l'article L. 143-11-4 du code du travail refusent pour quelque cause que ce soit de régler une créance figurant sur un relevé des créances résultant d'un contrat de travail, elles font connaître leur refus au mandataire judiciaire qui en informe immédiatement le représentant des salariés et le salarié concerné. Ce dernier peut saisir du litige le conseil de prud'hommes. Le mandataire judiciaire, le débiteur et l'administrateur lorsqu'il a une mission d'assistance sont mis en cause. Le salarié peut demander au représentant des salariés de l'assister ou de le représenter devant la juridiction prud'homale.

Identifiant : LEGIARTI000019984691

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Art. R625-4 Application directe

Le mandataire judiciaire ou le commissaire à l'exécution du plan restitue aux institutions mentionnées à l'article L. 143-11-4 du code du travail les sommes avancées par elles qui n'ont pas été perçues par les salariés lorsque le délai de validité du titre de paiement est expiré. Ces institutions versent les sommes dues aux salariés qui en font la demande.

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Art. R625-6

Les institutions mentionnées à l'article L. 143-11-4 du code du travail font connaître au mandataire judiciaire leur refus de régler une créance figurant sur un relevé, dans les mêmes délais que ceux qui sont prévus à l'article L. 143-11-7 du même code, pour le versement des sommes impayées. Ces institutions indiquent la nature et le montant de la créance refusée ainsi que les motifs de leur refus. Le mandataire judiciaire avertit le salarié du refus par les institutions mentionnées ci-dessus de régler la créance et en avise le représentant des salariés.

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Ce que dit ce texte

Les fiches sociales présentent souvent l'AGS comme le déneigeur de la procédure : elle avance les salaires que l'entreprise ne peut plus payer, se subroge, et la vie continue. Ce texte rappelle une réalité moins confortable : l'AGS n'est pas un guichet automatique. Elle refuse, et le législateur l'a si bien su qu'il a écrit « pour quelque cause que ce soit » : plafonds atteints, doute sur la réalité du contrat de travail, rémunération jugée anormale, dirigeant déguisé en salarié, les motifs de refus sont une jurisprudence à eux seuls. Le circuit de l'information est calibré sur l'urgence. Le refus va au mandataire, qui informe immédiatement, dit le texte, le représentant des salariés et le salarié concerné. L'adverbe n'est pas décoratif : le salarié dont la créance est refusée vit sans salaire pendant que l'information circule. Chaque jour de latence est un jour de découvert. Le juge du refus est prud'homal, et c'est un choix profond. La créance salariale refusée ne se plaide pas devant le tribunal de la procédure : elle retourne à son juge naturel, le conseil de prud'hommes, celui du contrat de travail. Le salarié y retrouve un terrain connu, et la procédure collective n'absorbe pas un contentieux qui la dépasse. Les mises en cause obligatoires, mandataire, débiteur, administrateur s'il a mission d'assistance, verrouillent l'essentiel : le jugement prud'homal sera opposable à tous les acteurs de la procédure, pas de second procès. Le dernier alinéa referme la boucle du lot : le représentant des salariés de Art. L625-2 Article L625-2 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les relevés des créances résultant des contrats de travail sont soumis pour vérification par le mandataire judiciaire au représentant des salariés mentionné à l'article L. 621-4. Le mandataire judiciaire doit lui communi... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , qui a vérifié les relevés, peut assister ou représenter le salarié devant les prud'hommes. Celui qui connaît le dossier accompagne celui qui le subit, jusqu'à la barre. Face à une institution outillée et rompue à ce contentieux, le salarié isolé part battu d'avance ; accompagné, la partie devient jouable. La cohérence sociale du livre VI, information (Art. L623-3 Article L623-3 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde L'administrateur reçoit du juge-commissaire tous renseignements et documents utiles à l'accomplissement de sa mission et de celle des experts. Lorsque la procédure est ouverte à l'égard d'une entreprise qui bénéficie de... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), vérification (Art. L625-2 Article L625-2 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Les relevés des créances résultant des contrats de travail sont soumis pour vérification par le mandataire judiciaire au représentant des salariés mentionné à l'article L. 621-4. Le mandataire judiciaire doit lui communi... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), garanties (Art. L625-8 Article L625-8 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Nonobstant l'existence de toute autre créance, les créances que garantit le privilège établi aux articles L. 143-10, L. 143-11, L. 742-6 et L. 751-15 du code du travail doivent, sur ordonnance du juge-commissaire, être p... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), trouve ici sa dernière pièce : le contentieux organisé, avec un second au côté du demandeur.

Comment gérer cet article

Pour le salarié : lire le motif du refus avant de saisir. Un refus pour plafond ne se plaide pas comme un refus pour contrat suspect ; le premier se vérifie au calcul, le second exige de prouver la réalité du lien de subordination, fiches de paie, plannings, mails de directives à l'appui. Demander l'assistance du représentant des salariés : il a vérifié les relevés, il connaît les pièces, et le texte lui donne ce rôle. C'est l'avocat gratuit que la procédure vous a préparé. Pour le dirigeant salarié de sa propre structure : anticiper le refus. L'AGS conteste volontiers la qualité de salarié du dirigeant ; le mandat social qui absorbe le contrat de travail est son motif favori. La preuve d'un emploi effectif et distinct du mandat se constitue avant la procédure, pas à la barre. Pour le mandataire : transmettre le refus le jour même. L'adverbe « immédiatement » est dans le texte ; le retard d'information d'un salarié sans ressources est une faute qui se voit. Ne pas oublier les mises en cause : le jugement prud'homal rendu sans le mandataire ou l'administrateur s'expose à l'inopposabilité ; la régularité procédurale est ici une condition d'efficacité.

Forces pour le dirigeant
  • Le refus retourne au juge naturel du travail : le salarié plaide chez lui, pas chez les commerçants.
  • L'information immédiate du salarié : le texte sait que derrière la créance, il y a un loyer à payer.
  • Les mises en cause rendent le jugement opposable à tous en un seul procès.
  • L'assistance par le représentant des salariés rééquilibre un duel structurellement inégal.
Faiblesses et pièges
  • « Pour quelque cause que ce soit » : la liberté de refus de l'AGS est totale, le contrôle n'est que judiciaire et a posteriori.
  • Le délai prud'homal s'ajoute à l'attente : le salarié refusé vit des mois sans la somme en litige.
  • Le représentant des salariés, non juriste, assiste sans être avocat : l'aide est réelle, pas technique.
  • Rien n'oblige l'AGS à provisionner le non-contesté : un refus partiel peut geler le tout en pratique.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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