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Urgence

Article L645-6 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce
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L'essentiel en quelques secondes
  • Si un créancier met en demeure ou poursuit le débiteur pendant la procédure, le juge commis peut, à la demande du débiteur, reporter le paiement jusqu'à quatre mois et suspendre les procédures d'exécution engagées.
  • Toute stipulation contraire est réputée non écrite.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Si le débiteur est mis en demeure ou poursuivi par un créancier au cours de la procédure, le juge commis peut, à la demande du débiteur, reporter le paiement des sommes dues dans la limite de quatre mois et ordonner, pour cette même durée, la suspension des procédures d'exécution qui auraient été engagées par le créancier. Toute stipulation contraire est réputée non écrite.

Identifiant : LEGIARTI000028722757

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Art. R645-6 Application directe

Le président du tribunal est compétent pour remplacer le juge commis empêché ou ayant cessé ses fonctions. La décision par laquelle il est pourvu au remplacement est une mesure d'administration judiciaire.

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Art. R645-7

Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 645-6, la procédure est celle prévue à l'article R. 611-35 et le juge commis exerce les pouvoirs attribués par ce texte au président du tribunal.

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Ce que dit ce texte

La singularité la plus méconnue du rétablissement professionnel : il n'y a pas d'arrêt automatique des poursuites. Contrairement à toutes les autres procédures du livre, l'ouverture du rétablissement ne gèle rien : les créanciers peuvent poursuivre, saisir, mettre en demeure. Ce texte offre le bouclier de remplacement, et sa forme dit la philosophie du dispositif. Un bouclier à la carte, pas une muraille. Le débiteur poursuivi demande au juge commis, créancier par créancier, poursuite par poursuite : report du paiement dans la limite de quatre mois, la durée exacte de l'enquête, et suspension des exécutions engagées. La protection existe, mais elle se sollicite et se justifie, à l'inverse du bouclier automatique de Art. L622-21 Article L622-21 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde I.-Le jugement d'ouverture interrompt ou interdit toute action en justice de la part de tous les créanciers dont la créance n'est pas mentionnée au I de l'article L. 622-17 et tendant : 1° A la condamnation du débiteur... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → . Pourquoi cette parcimonie ? Parce que le rétablissement n'est pas une procédure collective complète : pas de discipline de déclaration-vérification en contrepartie du gel, pas de dessaisissement ; imposer aux créanciers un arrêt général sans les garanties qui l'accompagnent ailleurs aurait déséquilibré l'édifice. La protection suit le besoin réel : le créancier paisible n'est pas gelé, l'agressif est neutralisé le temps de l'enquête. La réserve d'ordre public finale verrouille l'essentiel : « toute stipulation contraire est réputée non écrite », la clause qui prétendrait interdire le report ou faire de la demande un cas de déchéance tombe d'elle-même, technique désormais familière (Art. L622-15 Article L622-15 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde En cas de cession du bail, toute clause imposant au cédant des dispositions solidaires avec le cessionnaire est réputée non écrite. En vigueur depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , Art. L622-23-1 Article L622-23-1 En vigueur Code de commerce · De la sauvegarde Lorsque des biens ou droits présents dans un patrimoine fiduciaire font l'objet d'une convention en exécution de laquelle le débiteur constituant en conserve l'usage ou la jouissance, aucune cession ou aucun transfert de... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). À l'issue des quatre mois, tout se dénoue de toute façon : clôture avec effacement (Art. L645-11 Article L645-11 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire La clôture de la procédure de rétablissement professionnel entraîne effacement des dettes à l'égard des créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d'ouverture de la procédure, a été portée à la connais... En vigueur depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), et les poursuites n'ont plus d'objet ; ou bascule en liquidation (Art. L645-9 Article L645-9 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire A tout moment de la procédure de rétablissement professionnel, le tribunal peut, sur rapport du juge commis, ouvrir la procédure de liquidation judiciaire sur laquelle il a été sursis à statuer s'il est établi que le déb... En vigueur depuis le 24/05/2019 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), et le gel général du droit commun prend le relais.

Comment gérer cet article

Pour le débiteur : demander le bouclier dès la première mise en demeure. La protection n'est pas automatique ; chaque poursuite se signale au juge commis avec la demande de report, sans attendre la saisie. Tenir la liste des créanciers agressifs fait partie de la gestion des quatre mois. Pour les créanciers : poursuivre est permis, mais lucidement. Le report de quatre mois est probable si vous poursuivez, et l'issue de la procédure (effacement ou liquidation) déterminera de toute façon le sort réel de la créance ; l'énergie se place mieux dans l'information du juge commis (Art. L645-5 Article L645-5 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Le juge commis dispose des pouvoirs prévus à l'article L. 623-2. Il communique sans délai au mandataire qui l'assiste tous renseignements et documents utiles à l'accomplissement de sa mission. En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) que dans une exécution suspendue. Vérifier ses contrats : les clauses anti-report sont mortes-nées ; ne pas s'en prévaloir, ne pas les facturer.

Forces pour le dirigeant
  • La protection à la carte épouse le besoin réel sans gel général injustifié.
  • La limite de quatre mois cale exactement le bouclier sur la durée de l'enquête.
  • La réserve d'ordre public interdit le contournement contractuel.
Faiblesses et pièges
  • Le débiteur non conseillé ignore que rien n'est automatique et subit des poursuites évitables.
  • La demande au cas par cas multiplie les micro-requêtes dans une procédure courte.
  • Le créancier diligent non poursuivant est traité comme l'agressif à l'issue : la modération n'est pas récompensée.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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