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Urgence

Article L644-5 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 24/05/2019 · Source : Légifrance · Code de commerce
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L'essentiel en quelques secondes
  • La clôture de la liquidation judiciaire simplifiée est prononcée au plus tard six mois après la décision d'appliquer la procédure, le débiteur entendu ou dûment appelé.
  • Le délai est porté à un an au-dessus de seuils de salariés et de chiffre d'affaires fixés par décret.
  • Le tribunal peut proroger par jugement spécialement motivé, pour trois mois au plus.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
Articles en L

La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.

Articles en R ou D

Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.

Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.

Partie législative

La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)

Le tribunal prononce la clôture de la liquidation judiciaire au plus tard dans le délai de six mois à compter de la décision ayant ordonné ou décidé l'application de la procédure simplifiée, le débiteur entendu ou dûment appelé. Ce délai est porté à un an lorsque le nombre des salariés du débiteur ainsi que son chiffre d'affaires hors taxes sont supérieurs à des seuils fixés par décret.. Le tribunal peut, par un jugement spécialement motivé, proroger la procédure pour une durée qui ne peut excéder trois mois.

Identifiant : LEGIARTI000038587440

Partie réglementaire

L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)

Art. R644-4

Lorsque le tribunal envisage, en application de l'article L. 644-6, de ne plus faire application des règles de la liquidation judiciaire simplifiée, il fait convoquer le débiteur à l'audience par le greffier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Il statue au vu d'un rapport du liquidateur. La décision est communiquée par le greffier au débiteur et au liquidateur et transmise par celui-ci au ministère public. Elle n'est pas susceptible de recours. Mention de la décision est portée sur les registres prévus aux quatre premiers alinéas de l'article R. 621-8.

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Ce que dit ce texte

La liquidation simplifiée (Art. L641-2 Article L641-2 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Il est fait application de la procédure simplifiée prévue au chapitre IV du présent titre si l'actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier et si le nombre de ses salariés au cours des six mois précédant l'ouvert... En vigueur depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) est née d'un constat d'évidence : la plupart des liquidations françaises concernent de très petites entreprises presque sans actif, et leur appliquer la procédure complète revenait à faire durer des années des dossiers qui tenaient sur une table. Le régime simplifié accélère tout, ventes et vérifications (Art. L644-1 Article L644-1 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire La procédure de liquidation judiciaire simplifiée est soumise aux règles de la liquidation judiciaire, sous réserve des dispositions du présent chapitre. En vigueur depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , Art. L644-2 Article L644-2 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Par dérogation aux dispositions de l'article L. 642-19, lorsque la procédure simplifiée est décidée en application de l'article L. 641-2, le liquidateur procède à la vente des biens mobiliers de gré à gré ou aux enchères... En vigueur depuis le 24/05/2019 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → pour la mécanique) ; ce texte en est la clé de voûte : une date de fin obligatoire. Six mois, et le compte à rebours part du bon événement. Non pas du jugement d'ouverture, mais de la décision d'appliquer le régime simplifié : le délai mesure exactement ce qu'il prétend encadrer. Six mois pour vendre le peu qu'il y a, vérifier ce qui mérite de l'être, répartir et fermer : c'est court, et c'est le but. Le palier à un an pour les dossiers au-dessus des seuils réglementaires garde au dispositif sa proportionnalité, et l'unique prorogation possible, trois mois, par jugement spécialement motivé, verrouille l'ensemble : l'exigence de motivation spéciale interdit la prorogation de confort, celle qu'on accorde parce que le dossier dort sous la pile. Il faut mesurer ce qu'une clôture à date fixe change pour un être humain. La liquidation ordinaire s'étire (Art. L643-9 Article L643-9 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Dans le jugement qui ouvre ou prononce la liquidation judiciaire, le tribunal fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée. Si la clôture ne peut être prononcée au terme de ce délai, le tr... En vigueur depuis le 01/07/2014 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → fixe ses règles de clôture, sans butoir aussi ferme) ; pendant ce temps, le débiteur personne physique reste dans l'entre-deux, dessaisi, fiché, incapable de repartir. La simplifiée dit : dans six mois, un an au pire, ce sera fini. La clôture pour insuffisance d'actif emporte ses effets libérateurs, et la vie recommence. Le texte transforme la liquidation, châtiment au long cours, en épreuve à durée déterminée, et cette borne est peut-être la disposition la plus humaine du régime. L'audience du débiteur n'est pas une politesse : « entendu ou dûment appelé », la formule des grandes décisions du livre, s'applique à la clôture aussi. C'est sa procédure qui se ferme, son entre-deux qui s'achève ; il a voix, ne serait-ce que pour signaler l'actif oublié ou la répartition défaillante avant que tout ne se scelle.

Comment gérer cet article

Pour le débiteur : le butoir est votre allié, surveillez-le. Six mois après la décision d'application, la clôture est de droit sauf prorogation motivée ; un dossier qui s'éternise au-delà se signale, poliment mais fermement, au greffe et au juge-commissaire. Le texte vous donne une date, faites-la respecter. Préparer l'audience de clôture : c'est le dernier moment pour faire acter ce qui doit l'être ; après, les régularisations exigent de rouvrir, ce que personne ne fera pour un petit dossier. Pour le liquidateur : le calendrier se construit à rebours. Ventes dans les premiers mois, vérification ciblée en parallèle, répartition avant l'échéance : le butoir de ce texte est intenable si le dossier se traite dans l'ordre de la procédure ordinaire. La prorogation, elle, s'anticipe : la motivation spéciale se prépare avant l'échéance, pas la semaine d'après. Pour les créanciers : la vitesse a un prix, encaissez-le en connaissance. La simplifiée sacrifie l'exhaustivité à la célérité ; la créance modeste non vérifiée dans le tri du régime ne sera jamais payée de toute façon, et la clôture rapide vous rend au moins la certitude fiscale et comptable de la perte.

Forces pour le dirigeant
  • La date de fin obligatoire transforme la liquidation en épreuve à durée déterminée : la borne la plus humaine du régime.
  • Le compte à rebours part de la décision d'application : le délai mesure ce qu'il encadre.
  • La prorogation unique et spécialement motivée interdit l'enlisement de confort.
  • Le palier à un an au-dessus des seuils garde la proportionnalité du couperet.
Faiblesses et pièges
  • Le butoir dépend de la diligence réelle des acteurs : un délai dépassé sans sanction propre reste un vœu daté.
  • La vitesse sacrifie les queues de dossier : l'actif tardivement découvert après clôture complique tout.
  • Les seuils au décret font varier le régime applicable sans que le texte de loi ne l'annonce.
  • Six mois restent longs pour l'artisan sans aucun actif, courts pour le dossier avec un contentieux ouvert : la moyenne ne va bien à personne.

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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