Demande de délais de grâce pendant la conciliation
Destinataire : Président du tribunal
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le
Quand utiliser ce modèle
La conciliation ne suspend pas les poursuites : un créancier peut continuer à réclamer son dû, voire mettre en demeure ou poursuivre pendant que vous négociez. Le législateur a prévu la parade : le débiteur mis en demeure ou poursuivi pendant la procédure peut demander au juge qui a ouvert la conciliation de lui accorder des délais de grâce (Art. L611-7 Article L611-7 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Le conciliateur a pour mission de favoriser la conclusion entre le débiteur et ses principaux créanciers ainsi que, le cas échéant, ses cocontractants habituels, d'un accord amiable destiné à mettre fin aux difficultés d... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). C'est l'outil qui protège la négociation contre celui qui refuse d'y participer.
Le modèle
Remplacez les champs [ENTRE CROCHETS] par vos informations.
[RAISON SOCIALE]
[Forme juridique, capital]
[Siège social]
[SIREN]
Représentée par [NOM, PRÉNOM], [qualité]
Assistée de [CONSEIL, le cas échéant]
À Monsieur ou Madame le Président
du Tribunal [de commerce / judiciaire] de [VILLE]
Demande de délais de grâce
Monsieur ou Madame le Président,
I. La procédure en cours
Par ordonnance du [DATE], vous avez ouvert une procédure de conciliation au bénéfice de la société [RAISON SOCIALE] et désigné Maître [NOM DU CONCILIATEUR] en qualité de conciliateur. Les négociations sont en cours avec les principaux créanciers de la société.
II. Les poursuites du créancier
La société [RAISON SOCIALE DU CRÉANCIER], créancière d'une somme de [MONTANT] euros au titre de [ORIGINE DE LA CRÉANCE], [nous a mis en demeure de payer par courrier du [DATE] / nous a fait assigner devant [JURIDICTION] par acte du [DATE] / a fait délivrer un commandement de payer le [DATE]].
[Le cas échéant : Ce créancier a été invité à participer aux négociations menées par le conciliateur et ne s'y est pas associé.]
III. La demande
Le paiement immédiat de cette somme compromettrait la poursuite des négociations engagées et la trésorerie nécessaire à l'exploitation courante, ainsi qu'il ressort de la situation jointe.
En conséquence, la société sollicite que le règlement de la créance de [RAISON SOCIALE DU CRÉANCIER] soit reporté ou échelonné dans les conditions que vous fixerez, le temps que la conciliation aboutisse.
Elle propose, à titre indicatif : [proposition d'échéancier ou de report, cohérente avec le plan discuté en conciliation].
L'avis de Maître [NOM DU CONCILIATEUR], conciliateur, est joint à la présente.
Par ces motifs, la société [RAISON SOCIALE] vous prie de bien vouloir lui accorder les délais sollicités.
Fait à [VILLE], le [DATE]
[Signature du représentant légal]
Pièces à joindre
- L'ordonnance ouvrant la conciliation et désignant le conciliateur.
- La mise en demeure, l'assignation ou le commandement de payer du créancier concerné : c'est la pièce qui fonde la demande.
- L'avis du conciliateur, qui atteste que les négociations sont réelles et que la poursuite les menace.
- Une situation de trésorerie qui montre ce que le paiement immédiat désorganiserait.
- Une proposition de report ou d'échéancier cohérente avec ce qui se discute en conciliation.
Points de vigilance
- La conciliation reste confidentielle (Art. L611-15 Article L611-15 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Toute personne qui est appelée à la procédure de conciliation ou à un mandat ad hoc ou qui, par ses fonctions, en a connaissance est tenue à la confidentialité. En vigueur depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce Texte en attente de validation juridique. Cliquer pour consulter l'article complet → ) : ne mentionnez son existence que là où c'est nécessaire, c'est à dire devant le juge, et veillez à ce que la demande ne devienne pas l'occasion d'une publicité que la procédure vous épargne.
- Les délais de grâce se demandent, ils ne se présument pas : tant que le juge n'a pas statué, le créancier conserve ses droits et ses poursuites suivent leur cours.
- Cet outil protège une négociation vivante : si la conciliation piétine ou si les créanciers principaux ont décroché, la vraie question n'est plus le délai de grâce, c'est l'orientation de la procédure.