Article L654-5 du Code de commerce
- Les personnes physiques coupables de banqueroute (Art. L654-3 Article L654-3 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises La banqueroute est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) ou des infractions assimilées (Art. L654-4 Article L654-4 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises Lorsque l'auteur ou le complice de banqueroute est un dirigeant d'un prestataire de services d'investissement, les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. En vigueur depuis le 03/01/2018 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) encourent des peines complémentaires :
- 1° l'interdiction des droits civiques, civils et de famille ;
- 2° l'interdiction d'exercer une fonction publique, l'activité dans laquelle l'infraction a été commise, ou une profession commerciale ou industrielle, et de diriger, administrer, gérer ou contrôler toute entreprise ou société, cumulables entre elles ;
- 3° l'exclusion des marchés publics pour cinq ans au plus ;
- 4° l'interdiction d'émettre des chèques pour cinq ans au plus ;
- 5° l'affichage ou la diffusion de la décision.
Partie législative, partie réglementaire : quelle différence ?
La loi, votée par le Parlement. Elle pose les principes et les droits : qui peut demander l'ouverture d'une procédure, à quelles conditions, avec quels effets sur les dettes, les contrats et les salariés. C'est le texte qui décide.
Le décret, pris par le gouvernement pour appliquer la loi. Il règle le « comment » : quelle juridiction saisir, quelles pièces joindre, dans quels délais, qui convoque qui, sous quelle forme. C'est le texte qui organise.
Les deux se lisent ensemble : un droit reconnu par la loi s'exerce selon les formes fixées par le décret, et une formalité manquée peut faire perdre ce droit. Sur ce site, la partie législative est toujours à gauche et la partie réglementaire toujours à droite, quel que soit l'article consulté.
Partie législative
La loi : ce que le Parlement a voté (articles en L)
Les personnes physiques coupables des infractions prévues par les articles L. 654-3 et L. 654-4 encourent également les peines complémentaires suivantes : 1° L'interdiction des droits civiques, civils et de famille, suivant les modalités de l'article 131-26 du code pénal ; 2° L'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 131-27 du code pénal, soit d'exercer une fonction publique ou d'exercer l'activité professionnelle ou sociale dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise, soit d'exercer une profession commerciale ou industrielle, de diriger, d'administrer, de gérer ou de contrôler à un titre quelconque, directement ou indirectement, pour son propre compte ou pour le compte d'autrui, une entreprise commerciale ou industrielle ou une société commerciale. Ces interdictions d'exercice peuvent être prononcées cumulativement ; 3° L'exclusion des marchés publics pour une durée de cinq ans au plus ; 4° L'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'émettre des chèques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux qui sont certifiés ; 5° L'affichage ou la diffusion de la décision prononcée dans les conditions prévues par l'article 131-35 du code pénal.
Identifiant : LEGIARTI000019293743
Partie réglementaire
L'application : les décrets qui précisent la loi (articles en R ou D)
Aucun texte réglementaire n'est répertorié en regard de cet article.
L'emprisonnement se purge, l'amende se paie ; les peines complémentaires, elles, organisent l'après. Ce texte dresse la liste de ce qui peut suivre une condamnation pour banqueroute, et chaque ligne vise un aspect précis de la vie du condamné. La citoyenneté d'abord : l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, selon les modalités du code pénal. Voter, être élu, être tuteur : la banqueroute peut retrancher de la cité, ce qui dit la gravité que le législateur lui attache. Le métier ensuite, et c'est le cœur pratique du texte. L'interdiction d'exercer la profession dans laquelle l'infraction a été commise, ou toute profession commerciale ou industrielle, et celle de diriger, administrer, gérer ou contrôler, directement ou indirectement, pour soi ou pour autrui, toute entreprise. Le texte précise que ces interdictions peuvent être prononcées cumulativement : l'artisan banqueroutier peut se voir fermer à la fois son métier et toute direction d'entreprise. On reconnaît le cousin pénal de la faillite personnelle (Art. L653-2 Article L653-2 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises La faillite personnelle emporte interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise commerciale ou artisanale, toute exploitation agricole ou toute entreprise ayant to... En vigueur depuis le 01/01/2006 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ) et de l'interdiction de gérer (Art. L653-8 Article L653-8 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Dans les cas prévus aux articles L. 653-3 à L. 653-6, le tribunal peut prononcer, à la place de la faillite personnelle, l'interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit tout... En vigueur depuis le 08/08/2015 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), avec une différence de source : ici, c'est le juge pénal qui prononce, là, c'était le tribunal de la procédure. Un même homme peut cumuler les deux, et les fiches du titre V ont montré que l'interdiction se contourne d'autant moins que le prête-nom est lui-même puni (Art. L654-9 Article L654-9 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises Est puni des peines prévues par les articles L. 654-3 à L. 654-5 le fait : 1° Dans l'intérêt des personnes mentionnées à l'article L. 654-1, de soustraire, receler ou dissimuler tout ou partie des biens, meubles ou imme... En vigueur depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ). L'argent public : l'exclusion des marchés publics, cinq ans au plus. Pour les entreprises du bâtiment et des services dont la commande publique est le marché naturel, c'est souvent la peine la plus lourde économiquement. Le crédit : l'interdiction d'émettre des chèques, cinq ans au plus, sauf chèques de retrait et certifiés. La confiance dans les paiements du condamné a un coût, il le porte. La réputation enfin : l'affichage et la diffusion de la décision. La banqueroute se juge en audience publique ; elle peut aussi se lire en mairie ou dans la presse. Pour un professionnel local, cette publicité est parfois plus redoutée que le reste. L'ensemble a une cohérence : chaque peine complémentaire retire au condamné un instrument de la confiance publique, le vote, la direction, la commande publique, le chèque, la discrétion. La banqueroute est une trahison de la confiance collective ; ses peines rendent la confiance indisponible pour un temps.
Pour le dirigeant poursuivi : plaider aussi sur les peines complémentaires. La défense pénale se concentre sur la culpabilité et l'emprisonnement ; l'expérience montre que l'interdiction de gérer et l'exclusion des marchés publics décident de la suite d'une vie professionnelle. Chacune est facultative, motivable, modulable : elles se discutent une à une. Mesurer l'effet de l'exclusion des marchés publics avant de choisir sa stratégie. Pour une entreprise vivant de la commande publique, cinq ans d'exclusion valent une liquidation : ce paramètre pèse sur l'opportunité d'une comparution sur reconnaissance ou d'un procès. Ne pas tenter le contournement. Gérer par prête-nom sous interdiction reconduit vers Art. L654-9 Article L654-9 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises Est puni des peines prévues par les articles L. 654-3 à L. 654-5 le fait : 1° Dans l'intérêt des personnes mentionnées à l'article L. 654-1, de soustraire, receler ou dissimuler tout ou partie des biens, meubles ou imme... En vigueur depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → et vers la banqueroute du prête-nom lui-même : la sortie honnête est le salariat sans mandat, ou l'attente du terme. Pour les acheteurs publics et les partenaires : vérifier. Les interdictions et exclusions figurent au casier et aux fichiers ad hoc ; contracter avec un exclu expose le marché lui-même. Se souvenir de la hiérarchie des fautes. La banqueroute sanctionne la fraude (Art. L654-2 Article L654-2 En vigueur Code de commerce · Des difficultés des entreprises En cas d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, sont coupables de banqueroute les personnes mentionnées à l'article L. 654-1 contre lesquelles a été relevé l'un des faits ci-ap... En vigueur depuis le 15/02/2009 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), pas l'échec : le dirigeant qui a déposé à temps et tenu ses comptes ne croisera jamais ce texte. Toutes les fiches de ce site ramènent au même point de départ.
- Les peines s'ajustent au profil : le juge peut fermer le métier, la direction, la commande publique séparément ou ensemble.
- Le cumul possible des interdictions d'exercice traite les fraudeurs polyvalents.
- L'exclusion des marchés publics protège l'acheteur public là où le risque est le plus concret.
- L'affichage rend la sanction visible du tissu économique local, qui est la vraie victime.
- Cohérence avec le titre V : mêmes effets que Art. L653-8 Article L653-8 En vigueur Code de commerce · De la liquidation judiciaire Dans les cas prévus aux articles L. 653-3 à L. 653-6, le tribunal peut prononcer, à la place de la faillite personnelle, l'interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, soit tout... En vigueur depuis le 08/08/2015 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , source pénale en plus.
- Le cumul des interdictions peut priver le condamné de toute activité indépendante, au risque de l'exclusion durable.
- L'articulation avec les mesures du titre V (double prononcé possible) est source de confusion.
- L'affichage frappe aussi la famille et les salariés innocents de l'entreprise.
- Les fichiers d'interdits restent mal consultés en pratique, ce qui affaiblit la protection attendue.
Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le