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Urgence

Article L651-2 du Code de commerce

En vigueur Depuis le 15/05/2022 · Source : Légifrance · Code de commerce
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L'essentiel en quelques secondes
  • En liquidation judiciaire d'une personne morale faisant apparaître une insuffisance d'actif, le tribunal peut mettre tout ou partie de celle-ci à la charge des dirigeants.
  • Trois conditions cumulatives : une faute de gestion, une insuffisance d'actif, et un lien de contribution entre les deux.
  • La simple négligence ne suffit pas : depuis 2016, elle ne peut plus engager la responsabilité du dirigeant.
  • Sont visés les dirigeants de droit ou de fait, et la solidarité suppose une décision motivée.
Partie législative

Lorsque la liquidation judiciaire d'une personne morale fait apparaître une insuffisance d'actif, le tribunal peut, en cas de faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance, décider que le montant en sera supporté, en tout ou en partie, par les dirigeants de droit ou de fait ayant contribué à la faute. En cas de pluralité, il peut par décision motivée les déclarer solidairement responsables.

Trois conditions cumulatives, et un lien de causalité à démontrer entre la faute et l'insuffisance : ce n'est pas une responsabilité automatique du dirigeant d'une entreprise qui a échoué.

Toutefois, en cas de simple négligence du dirigeant de droit ou de fait dans la gestion, sa responsabilité au titre de l'insuffisance d'actif ne peut être engagée.

Ajout de la loi Sapin 2 (2016), devenu le premier moyen de défense : il faut une faute caractérisée, pas une maladresse de gestion.

Pas de texte réglementaire propre à cet alinéa.

Pour une association non assujettie à l'impôt sur les sociétés, le tribunal apprécie l'existence d'une faute de gestion au regard de la qualité de bénévole du dirigeant.

Le même comportement ne s'apprécie pas de la même façon selon qu'il émane d'un professionnel rémunéré ou d'un bénévole.

Pas de texte réglementaire propre à cet alinéa.

L'action se prescrit par trois ans à compter du jugement qui prononce la liquidation judiciaire. Les sommes versées entrent dans le patrimoine du débiteur et sont réparties au marc l'euro entre tous les créanciers ; les dirigeants condamnés ne participent pas aux répartitions à hauteur des sommes mises à leur charge.

Le dirigeant condamné paie sans rien recevoir en retour, même s'il est lui-même créancier de la société (compte courant d'associé).

Art. R651-3

Les jugements rendus sont communiqués au procureur de la République par le greffier.

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Comment gérer cet article

La défense se construit sur les trois conditions, et dans un ordre qui compte. Sur le lien de contribution d'abord, souvent le maillon faible de la demande : une faute établie mais sans effet démontré sur l'insuffisance ne fonde aucune condamnation, et l'insuffisance doit être chiffrée, non affirmée. Sur la qualification de simple négligence ensuite, qui est devenue le principal moyen depuis 2016 : elle suppose de démontrer que le dirigeant a agi dans les conditions ordinaires d'un gestionnaire confronté à une difficulté, ce qui se prouve par les diligences accomplies, recours à un conseil, saisine de la prévention, information des organes. Sur le quantum enfin, le tribunal pouvant ne retenir qu'une part. Pour le dirigeant, la meilleure protection se construit avant : recourir à la prévention (Art. L611-3 Article L611-3 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Le président du tribunal peut, à la demande d'un débiteur, désigner un mandataire ad hoc dont il détermine la mission. Le débiteur peut proposer le nom d'un mandataire ad hoc. La décision nommant le mandataire ad hoc est... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → , Art. L611-6 Article L611-6 En vigueur Code de commerce · De la prévention des difficultés des entreprises Le président du tribunal est saisi par une requête du débiteur exposant sa situation économique, financière, sociale et patrimoniale, ses besoins de financement ainsi que, le cas échéant, les moyens d'y faire face. Le dé... En vigueur depuis le 01/10/2021 · Source : Légifrance · Code de commerce Cliquer pour consulter l'article complet → ), déclarer dans les délais, remettre les renseignements dus, et documenter ce que l'on savait au moment où on l'a su.

Forces pour le dirigeant
  • L'exclusion de la simple négligence protège le dirigeant honnête qui a échoué, et distingue l'échec de la faute.
  • Le lien de contribution interdit les condamnations forfaitaires : il faut relier la faute à une part chiffrée de l'insuffisance.
  • La modulation permet d'ajuster à la responsabilité réelle de chacun plutôt que de sanctionner une fonction.
  • La limitation à la liquidation évite que la menace ne pèse sur le dirigeant qui tente un redressement.
Faiblesses et pièges

Analyse rédigée par la rédaction du site : elle éclaire le texte officiel sans s'y substituer et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Par Alexandre Baumberger, ancien juge au tribunal de commerce de Bordeaux (2018-2026), juge du contentieux, juge des procédures collectives et juge-commissaire Mis à jour le

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